samedi 15 août 2026

Spiritualité : La pensée unique; régression pour une société ?

Court essai en ligne, repris intégralement de mon ancienne publication du 4 juin 2006, sur un blogue chrétiens pour «seekers». Omissions et ajouts récents entre parenthèses carrées [ ]

Des approches très religieuses en essence se déguisent en spiritualités et exercices pour se tailler une place là où foi et pratiques chrétiennes sont bannies. Texte de 2006. Image générée par IA selon les directives de Gilles B. le 15 août 2026.


Comment cette pensée unique peut elle être employée subtilement (exemples concrets) pour limiter l'expression en matière de foi? À qui profite-t-elle le plus en Amérique du Nord? Quelles sont les pratiques et croyances qui se profilent dans son sillage (ex. hindouisme utilisant la porte du yoga dans les écoles laïques du Québec)? Est-elle pour le bien des sociétés qui la nourissent? En tant que société, sommes-nous si ouverts que nous le croyons, finalement?

Mais qu'est ce que la pensée unique en matière de spiritualité? 

Actuellement, en voici la forme la plus commune (du moins au Québec): Toutes les croyances mèneraient ultimement, affirme-t-on avec le plus grand dogmatisme, à une même destinée après la mort. Ceux qui n'adhèrent pas à cet article de "foi" sont excommuniés de l'Humanité sensée et taxés d'intégrismes ou de prosélytisme. L'Index porteur du dogme, c'est souvent (par exemple) les médias, la littérature, le discours politique ou artistique; ceux-ci, étant souvent étrangement complices des nouvelles spiritualités ou religions revampées, à l'issue d'une cure de rajeunissement. Ultimement, le résultat sera qu'être polythéiste, animiste ou ésotérique c'est bien, alors qu'être monothéiste, c'est le nouveau "péché mortel".

L'effet probablement le plus pervers sera qu'être participant d'une foi qui se déclare clairement comme telle et avec des convictions précises sera digne de mépris et de stigmatisation, alors qu'une voie spirituelle ou religieuse plus fluide ou imprécise, qui est soit cachée volontairement, ou sinon méconnue comme une foi en Occident, se verra ouvrir grandes les portes fermées aux autres. Et le pire, c'est qu'on

 appellera cela une société de droit (lire : fondée sur la justice et l'équité).

On reprochera aux voies de tendance chrétienne, incluant le Catholicisme autrefois extrêmement encadrant au Québec (1930-1960), de réclamer être la voie de la vérité. Mais la pratique de ceux qui se présenteront comme des exemples d'ouverture, sera étrangement d'empêcher l'expression de la voie chrétienne (ou des autres voies qu'elles décident être dignes de rejet) et ce, dans les médias, les institutions publiques, les professions, etc.

Le Québec, un exemple d'ouverture?

Est-ce donc toujours vrai que, par exemple le Québécois typique n'a pas de préjugés et est devenu la référence pour l'ouverture sur le monde et les idées? Mmmm!... Pas si sûr. Et je ne suis pas le seul à penser ainsi. Dans l'édition spéciale du magazine L'Actualité de décembre 2005, sur le thème «101 mots pour comprendre le Québec», l'écrivain Dany Laferrière avait choisi, entre autres, le mot Dieu et déclarait, d'entrée de jeu: «Dieu. Le grand tabou ! On peut parler de tout au Québec, sauf de lui» (p. 47).

Dans le même numéro, sur le thème de l'«argent», la religieuse catholique, Sr Esther Champagne, co-présidente du Regroupement pour la responsabilité sociale et l'équité (RRSE), nous rappelait nos préjugés. Sur notre ouverture québécoise, modèle présumé pour le monde, elle nous corrigeait à l'encre rouge:

«Que de préjugés nous habitent ! Ils nourrissent nos attitudes envers les «riches» - les Juifs, le Vatican, les communautés religieuses, les Américains, les Anglais de Westmount – comme envers les «pauvres»

- les «BS» [bénéficiaires d'aide sociale], les immigrants, les Noirs...» (p. 28).

La manifestation d'un mépris sélectif

Aux Canadiens qui s'inquiéteraient de l'influence potentielle des groupes de tendance chrétienne sur le vote démocratique en fonction des politiques présentées, faut-il rappeler que tous les groupes de nos sociétés, du chasseur sportif au mouvement gay, en passant par les adeptes des nouvelles spiritualités (nouveaux animistes, ésotéristes, thérapeutes de la zone grise; pas le cerveau mais la zone du vide juridique, etc.), les environnementalistes, les entreprises, les ordres professionnels (comme les médecins), les sportifs professionnels, les minorités ethniques et nouveaux Canadiens (première génération de citoyenneté), les couples avec enfants, les chômeurs et ... Raël, exercent tous une influence théorique ou réelle sur nos politiques; serait-ce, sur la légifération des biotechnologies comme le clonage dans le cas du canular (fraude pseudo-scientifique) de Raël.

Chaque citoyen d'un pays, même inclus dans un groupe minoritaire, n'a t-il pas aussi le privilège de pouvoir exprimer ses préoccupations et attentes auprès de ses politiciens? Par exemple, si les propriétaires d'équipes d'un sport professionnel pour athlètes multimillionnaires (en millions de dollars $Ca ou $US) veulent demander le financement d'un méga-stade à la gloire d'un sport à nos gouvernements, pourquoi pas? La réponse pourrait être plus ou moins prévisible, sans empêcher la démarche. Autrement, comment appellerions nous cela une démocratie? Dans une démocratie représentative (décisions par les dirigeants élus), chaque mouvance idéologique entre en action quand une politique qui la concerne particulièrement est à son avis insatisfaisante ou en voie de mutation, ou nécessite un changement; par exemple, l'acquisition des armes à feu pour les chasseurs, les politiques de santé pour les médecins et les clients bénéficiaires, la définition du mariage ou de la valeur de la vie humaine pour les églises, l'éducation pour les parents de jeunes enfants, etc.

Chez les voisins du sud du Canada, Al Gore, l'adversaire principal de George W. Bush aux élections présidentielles de 2000, dans l'une de ses [...] interventions publiques sur l'importance de protéger l'environnement et de se donner une vision en cette matière, a justement paraphrasé un texte de la Bible, disant que sans vision, le peuple périt (“Where there is a blinding lack of situational awareness, the people perish”, avril 2006)1. Ceci fut rapporté par un chroniqueur à une émission radiophonique de Radio-Canada, commentant l'édition verte (environnementale) du magazine Vanity Fair. Le ton général était à l'admiration du discours de Gore. Mais lorsque l'animateur (remplaçant) de l'émission Indicatif Présent, a entendu la citation biblique, on a clairement perçu une réaction à la fois amusée et de mépris de sa part. Pourquoi était-ce plus dément, que s'il avait cité Platon ou Confucius? Ceux-là ont-ils La Vérité et les autres [Jésus] non? Si oui, n'est-ce pas exactement la prétention à la vérité que l'on reproche sévèrement à la foi chrétienne? En fait, ce qu'on reproche là, on l'approuve venant d'autres idéologies.

L'envie prend souvent en aversion ce qu'elle ne peut atteindre

Permettez moi d'utiliser une analogie. Chaque famille élargie du Québec a un fonctionnaire syndiqué en son sein (employé de l'État, fédéral ou provincial). Les fonctionnaires sont souvent méprisés ou taquinés par un beau-frère ou une belle-soeur, quand ce n'est pas un frère ou une sœur. Où est le rapport? Je vous dévoile un secret: ce beau-frère ou cette belle-soeur seraient les premiers à accepter un emploi syndiqué pour l'État, s'ils en avaient l'occasion. Sauf s'ils sont syndiqués eux-aussi et mieux payés que lui, bien-sûr. Et alors? Vous ne voyez toujours pas? Plusieurs anti-américains envient en secret ce qu'ils croient haïr. Le fait que plusieurs millions d'États-Uniens soient des croyants de tendance biblique à divers niveaux (très hétéroclites en passant et loin de l'esprit moutonnier), n'a pas empêché une grande liberté d'expression des religions, des idées et des débats, qui fait l'envie du monde entier. On peut y édifier un bâtiment consacré à un culte non chrétien2, prier ses dieux et y être athée ou agnostique, s'exprimer librement à ce sujet et quand même y prospérer. Le monde non démocratique entier tempeste contre nos voisins du Sud, mais curieusement, un nombre inimaginable irait s'établir aux États-Unis et y travailler si cela leur était possible. Offrez des visas en nombre illimité, juste pour voir...

Désinformation et perceptions

Cette attitude contre ce qui est chrétien ou de tendance chrétienne, tranche radicalement avec celle envers d'autres tendances. Chez les pays majoritairement bouddhiste ou hindouiste, par exemple, si l'on commet des actes indignes, nos agences de presse taisent, curieusement, des informations aussi importantes que la persécution des minorités religieuses pour ne parler que des conflits ethniques. Cela crée évidemment de de la désinformation car les grandes religions orientales non chrétiennes passent depuis des décennies pour pacifiques aux yeux des Nords Américains et sont en plus perçues comme ne pratiquant pas le recrutement (la conversion, le prosélytisme). Cette fausse perception n'était pas étonnante. Quand tout le pays ou le continent a la même religion depuis 1000 ou 2000 ans, il n'y a personne à convertir, d'où la fausse image. Mais cela a bien changé au cours des dernières décennies, particulièrement depuis les années 1960 avec la généralisation des voyages intercontinentaux, l'immigration, la conversion ou le cheminement médiatisé de stars du showbizz avec ces religions (ex. The Beatles) et la consommation de certaines drogues, lesquelles créent une disposition mentale favorable aux piliers de certaines croyances (ex. réincarnation, karma, gnosticisme).

Évidemment, ceux qui partagent la perception un peu naïve de non-prosélytisme oriental n'ont pas vu le film Petit Bouddha qui était du prosélytisme cinématographique pur particulièrement orienté vers les enfants et la famille. Ils ne connaissent pas non plus l'histoire ancienne et récente de ces religions. Ces religions se sont imposées lors des conquêtes et de certaines migrations massives. Ils n'ont pas remarqué non plus, que tout comme la foi chrétienne a bien changé depuis l'Église naissante au 1er siècle de notre ère, les religions orientales évoluent en plus, en diverses branches puisant aux sources hindoues, taoïstes, bouddhistes, etc.

Voici un exemple, sans avoir à parcourir pour cela 2000 ans d'histoire d'une religion: c'est le cas usuel en Myanmar, l'ancienne Birmanie, où la religion dominante est le bouddhisme. Dans le cas qui nous intéresse pour l'exemple, 89% des Birmans sont bouddhistes, 4% sont chrétiens, 4% sont musulmans, 1% sont animistes et 2% sont sans religion3. Puisque les chrétiens et musulmans font souvent l'objet de discrimination et de certaines formes de persécution, il est facile de conclure d'où viennent celles-ci.

Voici, en ce sens, des extraits qui devraient être dignes de confiance, car issus de rapports de l'ONU publiés entre 1997 et 2002 (les années faisant référence au rapport et pas nécessairement aux événements):

  • 1997: «la condition des enfants appartenant aux groupes minoritaires ethniques et religieux, des petites filles et des enfants vivant dans les zones rurales et reculées, est déplorable; les cartes d’identité nationale portent explicitement la mention de la religion et de l’origine ethnique de chaque citoyen»
  • [...]
  • «les enfants considérés comme pauvres sont orientés vers les écoles monastiques bouddhistes et n’ont pas d’autre choix en matière d’éducation; le droit des enfants à la liberté de parole, d’association et de réunion pacifique n’est pas respecté»4;
  • 1998: «Le rapport fait état d'attaques contre des camps de réfugiés en Thaïlande par des membres des forces armées et des membres de l'Armée bouddhiste karen démocratique (DKBA), un groupe de miliciens karens qui serait soutenu par le gouvernement»5.
  • 1998: «Le rapport [...] signale que les chrétiens dans l'État de Chin seraient victimes d'une politique discriminatoire. Il est fait expressément mention de renseignements selon lesquels l'armée procéderait à des campagnes de conversion au bouddhisme des chrétiens de l'État de Chin. Des enfants auraient été contraints de répéter quotidiennement des prières bouddhistes dans un monastère et des parents auraient reçu en échange une somme d'argent. Des renseignements ont également été reçus au sujet d'atteintes à la liberté de manifester sa religion ou ses convictions religieuses et à la liberté de disposer de biens religieux. À ce propos, le rapport fait état de renseignements selon lesquels la construction d'une église a été interrompue par les autorités malgré l'octroi préalable d'un permis de construire»6.
  • 2000: «Le Rapporteur spécial [RS] signale qu’il a reçu des informations selon lesquelles les autorités poursuivraient leur politique d’intolérance et de discrimination contre les minorités musulmanes des États d’Arakan et de Karen, et chrétiennes des États de Chin et de Karen»7.
  • 2001: «le RS fait état d'informations voulant que, depuis 1997, les autorités administratives de Toungoo tenteraient d'aboutir à la démolition de la mosquée Hantha. Or, en mai 2001, un groupe de personnes dont certaines vêtues comme des moines auraient pénétré dans la mosquée afin de commencer des travaux de destruction. Au même moment, une foule d'environ 300 hommes conduite par un moine aurait lancé une attaque contre les quartiers musulmans, y compris à l'encontre des maisons et de la mosquée Kaka. Malgré les appels de musulmans auprès de la police, cette dernière ne serait pas intervenue [...] Au total, au moins 20 musulmans auraient été tués et une centaine grièvement blessés et 20 mosquées auraient été incendiées...»8.
  • 2002: «Le Rapporteur spécial a adressé au gouvernement du Myanmar une communication concernant des informations selon lesquelles, le 9 septembre 2001, les autorités locales de Thaungman auraient ordonné à des chrétiens de cesser de pratiquer leur culte dans l'église locale. La même interdiction aurait déjà été imposée à diverses minorités religieuses, et notamment à des chrétiens à l'Assemblée de Dieu ainsi qu'à des chrétiens de Kankaw»9.

Je ne voulais pas en arriver là [...] Le lecteur objectif aura compris que nous [...] nous attendons seulement à ce qu'elles [ces croyances] ne reçoivent pas de traitements privilégiés, sur la base de leur approche [occidentale] de prosélytisme souvent étapiste et floue, ou encore vu la méconnaissance que nous avons des religions et croyances qui sont souvent des alliages du philosophique et du religieux.

Les médias traditionnels se tirent-ils dans le pied avec leurs filtres idéologiques?

Dans cet ordre d'idée, avez-vous remarqué, que c'est par l'internet, et la littérature, et non par les grands réseaux, qu'un mouvement contre le néo-libéralisme a pu s'organiser initialement, avant même de pouvoir être capté par les caméras, lors de divers sommets économiques du nouveau millénaire tenus en divers lieux du globe? C'est pour des raisons comme celles-ci, filtres idéologiques des médias - toutes tendances, que la génération internet délaisse progressivement les réseaux d'information officiels à pensée unique, s'enrichissant et s'appauvrissant à la fois. S'appauvrissant, car le risque de la sélectivité extrême sur l'Internet, focusant sur les seules préférences individuelles n'est guère mieux. Mais aux moins, la démarche permet d'accéder à de l'information qui ne circule pas autrement..., même s'il convient de la valider et de choisir ses sources.

D'autre part, étrangement, alors que les médias nationaux, au Québec, méprisent les gens de tendance chrétienne, il est déjà connu chez nous, depuis le début des années 1990, que le phénomène du Nouvel âge, qui regroupe beaucoup de nouvelles spiritualités, souvent des refontes des anciennes croyances gnostiques, animistes, ésotériques et occultes, puisant aussi dans les tendances bouddhistes, hindoues, et autres, était un phénomène tendant à augmenter avec le niveau de scolarisation...10

De la même manière, les cabinets des psychothérapeutes tendent de plus en plus à intégrer certains volets de spiritualités ésotériques à leur pratique. Curieusement, un psychothérapeute professionnel de tendance chrétienne qui intégrerait l'approche de sa foi (références à Dieu et la prière) à sa pratique orientée grand public, se ferait vite rappeler à l'ordre par son ordre professionnel et serait soupçonné de manipuler des clients potentiellement vulnérables. Trouvez l'erreur. Que représentait l'émission pour ados "Maigrichon et Gras-Double" diffusée aux heures de grande écoute à Radio-Canada (TV) dans les années 1970? Cela déboucha en bonne partie sur de l'ésotérisme pur, comme dans son important volet sur "le Troisième Oeil" qui ressemble étrangement à de l'initiation Maçonnique (Francs-Maçons). Et que dire de l'émission Par 4 chemins, laquelle à la radio d'État de la Première chaîne de Radio-Canada est maintenue depuis des années aux frais des contribuables et a à maintes reprises été la porteuse des valeurs ésotériques et des spiritualités orientales? Quel rôle joue la fameuse laïcité (séparation de la religion et de l'État) dans ce dernier exemple? Nous ne sommes pas contre la séparation religion-État, mais par contre, il convient d'appliquer l'équité en la matière. J'aimerais bien être payé pendant les 25 prochaines années, pour animer une émission de tendance chrétienne à la SRC, sans avoir à me taper la console ;-)

À vos devoirs s'il-vous-plaît, professionnels des médias du Québec! Il suffit de consulter les pages de commanditaires (sponsers) de magazines traitant de psychologie et de santé et bien-être, pour comprendre que les spiritualités et religions non chrétiennes, qu'elles soient orientales, ésotériques, théosophiques, gnostiques, animistes ou autres prennent des formes tellement subtiles (même en imitation de la science), qu'elles en deviennent souvent malhonnêtes dans leur façon de faire du recrutement ou prosélytisme... même auprès des enfants. Allons du même coup consulter les rayons (présentoirs) de magazines des bibliothèques de nos universités laïques.

Recrutement religieux : comment les nouvelles religions ou spiritualités procèdent; un exemple avec le yoga

On pourra nous répondre que ces spiritualités ne font pas de recrutement chez les autres croyances, parce qu'il est possible de conserver sa religion tout en les intégrant pour soi. Premièrement, cela n'est généralement pas vrai pour l'ensemble de la démarche qui se révèle tôt ou tard, avec des étapes d'initiation de plus en plus sélectives et directives. Sauf que la démarche peut s'étaler sur plusieurs mois, voire des années.

Par exemple, on ne dira pas aux gens quels sont les véritables tenants et aboutissants (initiatiques) du yoga et on invitera les enfants des écoles publiques à du yoga spécialement pour eux (étapiste); les femmes pour un petit yoga prénatal ou postnatal, et ainsi de suite. Une simple technique de relaxation ne puisant pas sa source dans les religions philosophiques orientales dîtes-vous? Ça c'était encore véhiculé y a quelque temps. Voici ce qu'en pense une initiée qui a écrit pour un e-magazine québécois orienté familles et enfance:

«Nous le savons, le yoga est une discipline âgée de plusieurs milliers d'années. Qu'est-ce qui fait que cette pratique ait survécue? [...] «Je crois que si les principes du yoga ont survécu c'est grâce à la discipline. Le yoga englobe tout ce qui est: dans la pratique du yoga, nous alimentons notre aspect physique, mental, émotionnel et spirituel. Et la seule manière de réussir à englober tout ce que nous sommes, c'est grâce à la discipline!»11

Cette discipline ne fait pas, en tout cas, de disciples chez les jeunes, me répondez-vous? Écoutons ce que cette initiée et bien d'autres, qui ceux-là ne le disent pas, savent encore sur le plan d'accès au yoga dans le programme des écoles publiques, à l'encontre même des politiques gouvernementales en matière de foi dans la réforme de l'éducation:

«Certains enfants n'aiment pas l'école; ils s'y rendent quand même tous les matins. Le yoga, c'est pareil! Il est important d'imposer à l'enfant une discipline. Ils auront toujours le choix d'y avoir du plaisir ou non. Voici donc quelques conseils, si vous introduisez un peu de yoga dans la classe ou à la maison.

«Il est important d'en faire une discipline où la rigueur et la persévérance sont de mise. Que cela soit clair: ce n'est pas une punition ni une récompense, c'est comme manger, se laver, dormir!, c’est comme ça!»12.

Clairement: Le yoga est à l'hindouisme ce que par exemple, la louange chrétienne, le témoignage ou l'nseignement sont au christianisme. Il constitue une discipline combinant des exercices et enseignements initiatiques et offre la possibilité au disciple occidental de dire ce qu'il ressent à diverses étapes (témoignages sur le ressenti, les visions, etc.).

Les mantras (ex. OM; ex. SO HAM; ex. OM NAMAH SIVAYA = appel à Siva; ex. OM NAMO BAGHAVATE VASUDEVAYA = appel à Krishna) seraient dit-on, «la musique de l'esprit»13. Ils deviennent pourtant l'invocation avouée de divinités aux stades plus avancés d'initiation. Comment justifier qu'on les demande de pratiquants non hindous? L'initiatrice répond par une forme de pirouette intellectuelle:

«Certains mantras sont reliés à la force qu'incarne certaines divinités hindoues. Nous pouvons les réciter même si nous n'appartenons pas à la religion hindoue. Le mantra est lié à l'esprit et l'esprit n'a pas de religion»14.

Comme l'éléphant était trop gros à avaler, il est clair que nous nous retrouvons face à une approche étapiste; une bouchée à la fois. Voyons ce que cette dernière affirmation donnerait, une fois "christianisée".

Reformulons cette déclaration d'une yogi, en version chrétienne équivalente: «Nous pouvons invoquer le nom de Jésus (prière ou louange) [incluant dans nos institutions publiques], même si nous n'adhérons pas au christianisme, car prière et louange sont reliées à l'esprit et l'esprit n'a pas de religion». Évidemment, cette dernière déclaration ne passerait pas le test de la laïcité. Pourquoi alors passe-t-elle le test pour les religions orientales?

L'exercice de la fermeture des sept portes (boucher yeux, oreilles, narines, bouche), en rendant la respiration «superficielle», quant à lui, favoriserait, dit-on, «une bonne circulation d'énergie»15. Quelle énergie? Évidemment pas celle du petit déjeuner ! On nage ici en pleine croyance, vous l'aurez remarqué.

Les religions anciennes autres que la foi chrétienne entrent dans les écoles publiques et autres institutions dites « laïques », pendant que le christianisme en est évacué

La réalité est que plusieurs religions nouvelles ou anciennes et autres que la foi chrétienne entrent dans les écoles publiques et autres institutions publiques sur le tapis rouge, pendant que l'on prépare la sortie (non sans enlever le tapis) pour ce qui reste du christianisme de toutes tendances. Cette pratique discriminatoire (ex. approche fluide dans des cours sans but religieux comme le français, les maths ou l'éducation physique) et même dans les garderies (Centres de la petite enfance) aura libre cours au gré des convictions des éducateurs/trices ou puériculteurs/trices, etc., si rien ne change. Comment expliquer intelligemment qu'un tel accès équivalent soit interdit à la foi chrétienne (ex. la prière avec les enfants à l'école publique sont interdits, par exemple, là même où les autres s'insèrent de plus en plus)? Et au fait, où est-il écrit, dans la Charte des droits canadienne, que l'hindouisme, le bouddhisme, les animismes, l'ésotérisme et autres points de vue du monde et de l'Homme, ont des privilèges dont seraient exclus les monothéismes?

Le prosélytisme (recrutement parmi les autres croyances) se démontre par les statistiques entrecoupées avec les efforts identifiables

Quand on affirme que les spiritualités de la grande famille du New Age (Nouvel âge), incluant la récupération (adaptation à l'occidentale) des techniques et cultes orientaux ne font pas de conversion, cela est faux. Comment, par exemple, peut-on croire simultanément à la loi du karma de paire avec la réincarnation en des vies multiples et prétendre, en même temps adhérer au catholicisme et donc à la doctrine de la résurrection chrétienne, après une seule vie terrestre à vivre? Pourtant, déjà au début des années 1990, un Québécois sur trois (1 / 3) adhérait à la croyance dans la réincarnation16, sans que cela exerce un impact proportionnel sur les statistiques religieuses. Si par contre, dans les sondages, les gens avaient le choix entre réincarnation ou résurrection (réponses s'excluant mutuellement), ils seraient forcés de faire un choix.

Vous croyez toujours que les croyances orientales et New Age ne font ni propagande, ni convertis dans nos sociétés? Revoyez le film d'animation pour enfants, du chien Balto 2 en vous posant la question, à savoir si cela peut initier volontairement à la pratique de l'ésotérisme, ou mieux, Le Petit Bouddha ("Little Buddha", 1993) [...].

D'autre part, reste à savoir ce qui constitue la «preuve» de l'adhésion à une foi quelconque. Les adhésions spirituelles ne se font pas nécessairement par la signature d'un document officiel. Qu'est-ce qui détermine par exemple qu'une personne soit encore catholique au Québec, de sorte que l'on puisse parler d'absence de prosélytisme (recrutement) de la part des anciennes et nouvelles spiritualités ou religions? Est-ce la naissance au Québec? Peu probable. Est-ce une réponse fondée sur une perception ou une intention dans un recensement, ou aller à l'église une fois l'an, ou résider sur le territoire du découpage géographique de telle ou telle paroisse catholique? Si j'avais une soeur Témoin de Jéhovah et qu'elle se mariait selon ce rite, j'irais logiquement à son mariage dans une Salle du Royaume. Est-ce que cela ferait de moi un Témoin de Jéhovah pour autant? Même chose si je demeure dans tel ou tel district territorial d'un groupement religieux quelconque. Alors? Le fait de naître dans une paroisse (territoire) ou d'y habiter ne fait pas d'une personne un membre d'une église, du moins dans notre pays.

Il est maintenant manifeste, pour qui veut bien voir, que plusieurs québécois sont des bouddhistes, hindouistes ou gnostiques qui s'ignorent, ou veulent le cacher, ou encore sont en processus de conversion (l'approche initiatique par étapes est la plus courante). Alors, ils ne paraissent pas dans les statistiques de ces familles de croyances. Ainsi, ils peuvent bénéficier de portes d'entrées et de privilèges interdits aux personnes de religions clairement identifiées (ex. activités en classe dans les écoles publiques). Et quand ce sera in (lire: très largement accepté) pour l'ensemble du territoire, des centaines de milliers, impliqués à divers niveaux de décisions et d'influence, sortiront de l'ombre. Et là nous comprendrons enfin pourquoi le christianisme, toutes tendances, était bloqué dans nos institutions et nos médias alors que plusieurs autres y prospéraient.

Après les écoles publiques en voie d'être infiltrées au Québec, qu'en sera-t-il des hôpitaux ou des projets de maisons de fin de vie? Est-ce que ce seront des pépinières de spiritualités dont les intervenants et ministres chrétiens autres que catholiques seront poliment mais fermement bannis? Il y a lieu de se poser très sérieusement la question et de sonner la cloche, dans le respect et avec toute l'énergie et l'investissement de la tradition chrétienne. Il faudra veiller au grain pour que les préférences spirituelles des personnes en processus de fin de vie, soient vraiment celles qui soient respectées et que ces personnes aient accès aux services spirituels qu'elles désirent, prêtre catholique, pasteur protestant ou autres, plutôt que celles des préférences de leurs proches.

Ce qui a été sera; deux exemples de détournement de la volonté de personnes en situation de santé précaire et de vulnérabilité

Depuis longtemps déjà, dans nos hôpitaux, nous voyons des personnes privées des services ou visites qu'elles voudraient [droit fondamental du malade], parce que certains de leurs proches empêchent de venir, des intervenants ou amis chrétiens dont les malades ont eux-mêmes sollicité la présence. Cela avait déjà cours dans les régions à majorité catholique. Je citerai deux cas dont j'ai personnellement été un témoin direct.

À l'hôpital de Matane, dans la décennie 1980, une jeune femme de 24 ans en phase terminale d'un cancer se vit interdire par sa famille, à son insu et contre sa volonté, une seconde visite d'un pasteur adjoint et moi. Elle avait accepté une première visite suggérée par son compagnon et avait accepté que nous la visitions de nouveau. En présence de son compagnon, nous avons donné un bref témoignage à la jeune femme, puis vérifié son consentement pour prier avec elle. Elle répondait à nos questions par des hochements de tête, car son état était très avancé.

Une fois sortis de sa chambre deux religieuses catholiques y entrèrent et en ressortirent rapidement. Se tournant vers moi, elles m'interpellèrent : «Qu'est-ce qu'elle a? Elle a une grande paix. Elle est rayonnante... On dirait qu'elle a un esprit!» Ce à quoi je répondis avec toute l'inexpérience d'un jeune homme en début de la vingtaine : «C'est le Seigneur!» devant les deux religieuses éberluées aux yeux écarquillés, sans penser que le manque d'explications plus détaillées de notre démarche pourrait avoir un effet pervers. Son compagnon partagea le lendemain au pasteur adjoint que j'avais accompagné, qu'elle avait passé une bonne nuit, contrairement aux derniers jours. Pourtant, malgré ces deux témoignages (celui des religieuses et celui de l'infirmière rapporté par le compagnon) et malgré que la jeune femme ait accepté que nous repassions la voir, lorsque sa famille apprit notre visite, nous fûmes interdits d'accès... auprès d'une personne majeure de qui nous ne tirions AUCUN bénéfice matériel (en argent ou autre). Notre intervention était entièrement bénévole.

Nous avons là un bel exemple où les proches ne cherchèrent pas la volonté, ni le bonheur de celle-ci, mais la satisfaction d'intérêts ou d'idées préconçues qu'ils jugèrent au-dessus de toute autre donnée.

Au Centre hospitalier régional de Rimouski, sous mon mandat de pasteur, cette fois avec une église de la famille de l'Alliance Chrétienne et Missionnaire (2002-2004), un homme âgé d'un village assez éloigné, se vit privé, par ses enfants, des dernières visites demandées par lui et son épouse, alors qu'il sollicitait la présence de membres de la même dénomination chrétienne à laquelle il avait librement adhéré dans sa région, durant les années de meilleure santé.

Après avoir professé la foi chrétienne selon une voie autre que catholique, il avait épousé en secondes noces, une chrétienne de cette dénomination, après le décès de sa première épouse. Cette seconde femme se vit privée de ses droits par les enfants de l'homme. Ceux-ci le prirent en privé dans sa chambre d'hôpital et firent fortement pression sur lui pour qu'il signe un testament en faveur de ses enfants et non de cette femme issue d'un second mariage. Il me l'a confirmé verbalement, lorsque je vérifiai le témoignage de la femme. Ils récupérèrent ainsi de l'argent conservé dans un coffre fort que l'homme gardait dans sa maison et contraignirent sa seconde épouse d'être là aux dates et heures convenues, lorsqu'ils passeraient chercher le coffre. Elle perdit le droit sur cette liquidité comptées en milliers de dollars (et perdit peut-être même la maison; incertain car elle est retournée dans sa région).

Comme ci cela n'était pas assez d'avoir déshérité cette femme (en partie ou en totalité, je ne sais pas) en faisant pression sur un homme malade, diminué et inquiet face à un avenir précaire et incertain, ils menacèrent cette seconde épouse de venir accompagnés de la police, si elle ne collaborait pas avec eux. Consultés par moi au téléphone, les policiers de la Sûreté du Québec dirent que le seul recours de la femme en tel cas, si elle se croyait lésée, serait en droit civil.

Pourtant, la contrainte d'une personne insécure en fin de vie et contre sa première volonté, ne relève-t-elle pas du droit criminel? Cela ne s'apparente-t-il pas à une séquestration ou à un enlèvement?

Voilà ce que je peux affirmer avec certitude : ce qui a été sera. Ce que des enfants catholiques ont fait au nom d'un intérêt plus grand à leurs yeux, des fils et filles des nouvelles ou anciennes spiritualités adaptées pour l'Occident ou même de la laïcité, le feront aussi.

Des spiritualités déguisées en techniques et faisant des alliances stratégiques [...] avec la laïcité; un comportement proche des sociétés secrètes

Ceci est sans parler, certains disciples initiés ou gourous ou maîtres dont on ne connaît pas l'identité (journalistes, hauts-fonctionnaires de ministères québécois, professionnels de l'enseignement ou de la santé, etc.). C'est par ce moyen qu'ils ont un large accès à nos institutions publiques. Toujours déclarés et compilés statistiquement parmi les catholiques dans les recensements officiels, seraient-ils les Pharisiens du troisième millénaire; imprégnés de spiritualités et religions post-modernes, et méprisant et censurant ceux qui ne sont pas de leur clan ou famille de croyance de tendance animiste, ésotérique ou gnostique? Cela expliquerait que les protestants francophones soient encore, des siècles après les Huguenots qui ont fuit le Québec, bannis des espaces publics et des médias, à moins d'y acheter du temps de diffusion, alors que les partisans des nouvelles religions et spiritualités aux contours flous, y ont de larges portes d'entrée SANS frais.

Le parti religieux des Pharisiens, dénoncé du temps de Jésus, avait pourtant ceci: ses membres se révélaient publiquement comme tels. Ainsi, ils ne constituaient pas un lobby agissant à la manière des sociétés secrètes.

Bien sûr, comme dans la société de la culture et du temps du ministère publique de Jésus, il y a des gens plus objectifs aussi, chez nos médias, hauts-fonctionnaires, professionnels de l'éducation, etc. Il faut le reconnaître. Mais sont-ils en voie de devenir des espèces vulnérables ou menacées de disparition pour qui on devrait créer des aires protégées comme pour notre faune et notre flore? Cette réalité (une dissociation de la foi des générations précédentes) ne se reflète pas dans les sondages et les recensements.

C'est, il nous semble, la preuve que les professionnels de la statistique ne posent pas les bonnes questions lors des sondages. Si c'est le cas, ils compilent et mesurent des perceptions ou des intentions et non des réalités. C'est comme demander à un groupe d'hommes : vous lavez-vous les mains après être allés aux toilettes? [La réponse étant :] «Bien sûr!».

Ce refus de reconnaître l'incompatibilité évidente des croyances essentielles de deux groupes, constitue un exemple de la désinformation, volontaire ou non, caractérisant le traitement de la spiritualité à une époque particulièrement marquée par l'individualisme. Curieusement, on prétend que cette adhésion aux contradictions serait le fruit d'une plus grande logique ou maturité héritée d'une société plus... instruite; une société dit-on, sortie de ce qu'on appelle souvent la Grande noirceur religieuse (apogée du catholicisme et de son clergé, dans le contexte québécois). Trouvez l'erreur... Plus le québécois postmoderne est instruit, plus il tend à adhérer au New Age. Ne serait-il pas temps de s'assumer et de poser les bonnes questions aux recensements (identifier des concepts comme réincarnation, résurrection, péché, karma, plutôt que des noms de religions)?

L'argument du «prosélytisme» évangélique comme cause de l'exclusion (censure) quasi-systématique et systémique par les médias, est en réalité une excuse pour exclure la foi chrétienne minoritaire qui n'est ni catholique ni de tendance New Age. Tiens, c'est drôle; le Monsieur à la télévision l'autre jour et l'autre dans son document sur la réforme de l'éducation publique, il disait que les chartes des droits c'est surtout pour les minorités.

Discrimination ou non? Le test dénominationnel

Si cette explication (conversion, changement d'allégeance au niveau de la foi) était l'unique raison de la stigmatisation de la foi chrétienne, alors nous verrions au contraire plus régulièrement des points de vue chrétiens de diverses tendances, exprimés, à condition qu'ils ne servent pas à la promotion d'une dénomination ou église particulière. En milieu éducatif, ça veut dire qu'un enseignant chrétien au sens large, pourrait parler de sa foi personnelle en Jésus, tout comme le yogi (pratiquant du yoga) parle actuellement de la sienne, initiant peu à peu à la croyance hindoue. L'initié de tendance chrétienne ne parlerait que de Jésus et de Dieu, de sa foi sans référence à une église particulière. Et voilà: dans une classe, un petit yoga; dans l'autre une petite prière et un petit témoignage chrétiens. Mais seule la première de ces deux exemples de catégories est admise. Nous sommes donc en situation de stigmatisation de la foi chrétienne, sinon des monothéismes.

Est-ce cet exemple de liberté qui se dessine pourtant actuellement? Que voyons-nous au Québec la plupart du temps, aussi dans les médias, sinon exactement l'inverse? Le christinanisme est banni des institutions publiques et les tendances ésotériques, gnostiques et autres, y trouvent une porte grande ouverte. C'est ainsi que les couleurs de la pseudo-laïcité sont dévoilées.

La réalité: notre société se percevant très ouverte est en fait très sélective et orientée dans son «ouverture», au point d'en devenir une insulte à la raison qu'elle prétend défendre

Alors que comme société, nous nous disons très ouverts parce que nous valorisons ou priorisons certaines valeurs (ex. Vive le sexxxe librrrrrre!) ou certaines spiritualités (ex. ésotérisme, hindouisme, bouddhisme), nous aimerions agir exactement, en tant que culture québécoise [déb], comme les états à religion exclusive, en interdisant la conversion de proches; frères, sœurs, fils, filles, amis, sauf si ladite conversion était très étalée dans le temps, comme c'est souvent le cas dans les nouvelles spiritualités et religions.

En cette génération, j'ai vu des parents qui auraient préféré voir leurs enfants héroïnomanes plutôt que chrétiens non catholiques. Des parents québécois ont menacé de déshériter leurs fils et filles. Des adultes pratiquent l'isolement de leurs parents en perte d'autonomie, en leur coupant l'accès à leur réseau chrétien et à leur pasteur. Cela ressemble étrangement à des séquestrations ou des enlèvements de personnes ou sinon, à des privations des droits et des volontés individuelles. Comme nous l'avons vu dans deux exemples de personnes en fin de vie, la personne vulnérable n'ose pas contester trop fort contre sa famille pour des raisons de précarité émotive et souvent financière. Il n'y aurait rien à faire, selon la Sûreté du Québec (police d'État, consultée en région vers 2003), lorsqu'il n'y a pas de menaces de violence physique, à moins d'aller vers le droit civil et là, ça peut coûter cher et nécessiter beaucoup d'énergie pour risquer d'entacher la relation avec la famille et les proches.

Dans d'autres situations, une jeune fille de 13 ou 14 ans peut subir un avortement sans que ses parents ne soient même informés de sa grossesse, ni des risques inhérents pour la santé (ex. dépression, stérilité). N'est-ce pas une reconnaissance qu'elle puisse aussi choisir de devenir une chrétienne engagée, même non catholique? Le Québec tendrait-il donc à devenir un état démocratique laïque et intégriste comme l'ont été d'autres bien avant, avec les résultats que nous savons, ou que nous ne voulons pas savoir (IIIe Reich)? Il est plus facile d'entrer de la drogue, un yogi ou un moine oriental dans nos écoles que d'y faire circuler une Bible.

D'autre part, qu'y a-t-il de répréhensible dans le fait de changer sa foi en cours de cheminement de vie?

Si cette approche culturelle (mépris de la liberté de conversion) avait été appliquée mur à mur dans les années 1960-2009, il serait interdit par la loi de promouvoir autre chose que le Catholicisme au Québec. Il serait illégal, par exemple, de s'inscrire à un cours de tai chi (taoïsme) ou de s'initier aux spiritualités orientales par d'autres disciplines comme le yoga, le zen ou le feng shui, servant de portes d'entrée aux croyances et pratiques spirituelles et religieuses orientales.

Et tant qu'à materner les adultes québécois, pourquoi ne serait-il pas alors illégal que les banques et instituts de crédits fassent de la représentation très active pour amener les clients à changer de pourvoyeur de services financiers? Dans une société dite plus instruite qui a pourtant besoin, semble-t-il, d'être maternée et paternée davantage qu'à l'époque qu'on a appelé celle de la Grande noirceur, allons-y allègrement (c'est de la rhétorique; pas mon opinion!). L'interdiction de la représentation et de la conversion conduit toujours à une forme de totalitarisme, soit-il laïque ou religieux.

Salut!

Dernière modification: 11 avril 2009

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1. Al Gore, The Moment of Truth , Vanity Fair, avril 2006.

Commenté par Pierre Thibeault, chroniqueur hebdomadaire Revue des revues, Indicatif Présent, Première chaîne de Radio-Canada (SRC), 27 avril 2006.

Entrevue audio http://www.radio-canada.ca/radio/indicatifpresent/chroniques/72276.shtml

visité mai 2006.

2. Le mot culte, en français, n'a pas le sens péjoratif de secte.

3. Magdaléna Morisset, Birmanie: repères historiques, Dossier, 12 mai 2006, http://www.aleloo.com/journal/index.php/2006/05/12/144-birmanie-reperes-historiques

visité mai 2006.

4. Le système des droits humains à l'ONU, BILAN 1997, Birmanie (Myanmar), présentation trouvée sur http://www.hri.ca/fortherecord1997/bilan1997/vol3/birmanie.htm mai 2006

5. Le système des droits humains à l'ONU, BILAN 1998, Birmanie, Rapports thématiques, Éxécution extrajudiciaire, sommaire ou arbitre, rapport du Rapporteur spécial, présentation trouvée sur http://hri.ca/fortherecord1998/bilan1998/vol3/burmatr.htm mai 2006

6. Le système des droits humains à l'ONU, BILAN 1998, Birmanie, Rapports thématiques, Intolérance religieuse, rapport du Rapporteur spécial, présentation trouvée sur http://hri.ca/fortherecord1998/bilan1998/vol3/burmatr.htm mai 2006

7. Le système des droits humains à l’ONU, BILAN 2000, Intolérance religieuse, rapport du Rapporteur spécial, p. 136.

8. Le système des droits humains à l'ONU, BILAN 2001, Myanmar, Rapports thématiques. Intolérance religieuse, rapport du Rapporteur spécial, présentation trouvée sur http://www.hri.ca/forthereCord2001/bilan2001/vol3/myanmartr.htm mai 2006

9. Le système des droits humains à l'ONU, BILAN 2002, Myanmar, Rapports thématiques, Liberté de religion ou de conviction, rapport du Rapporteur spécial, présentation trouvée sur http://www.hri.ca/fortherecord2002/frenchtext/vol3fr/myanmartr.htm mai 2006

10. Bergeron, Richard et autres. Le Nouvel Âge en question. Montréal et Paris. Éd. Pauline et Médiaspaul (en collaboration avec le Centre d'information sur les Nouvelles Religions, CINR), 1992. p. 34

11. Sophie Desjardins, Le yoga: faites-en une discipline, Petitmonde.com, Chroniques : Le B.A.-BA du yoga, http://www.petitmonde.com/iDoc/Chronique.asp?id=30673

visité mai 2006.

12. Ibid.

13. Sophie Desjardins, Le mantra: la musique de l'esprit, Petitmonde.com, Chroniques : Le B.A.-BA du yoga, http://www.petitmonde.com/iDoc/Chronique.asp?id=28587

visité juin 2006.

14. Ibid.

15. Sophie Desjardins, Le yoga à l'école, Petitmonde.com, Chroniques : Le B.A.-BA du yoga, http://www.petitmonde.com/iDoc/Chronique.asp?id=30495,

visité juin 2006.

16. Le Nouvel Âge en question, p. 57

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