Si un ver de terre peut apprendre de ses souffrances, je le peux certainement aussi. Si tu t'es déjà senti méprisé et sans force, comme un ver captif de la souffrance et de l'humiliation, sache qu'un autre l'a vécu avant toi. Le Sauveur et Seigneur de tous ceux qui s'approchent de lui, par la foi-confiance en lui.
Un ver peut-il apprendre une leçon ? Réponse : Oui.
Un psychologue raconte cette expérience faite durant sa formation:
«Quand j'étais étudiant, on nous avait fait faire une expérience dont l'intérêt pour un futur psychologue m'avait sur le moment laissé passablement perplexe : on devait couper un ver de terre en deux, et relier les deux parties qu'on venait de couper par un fil. On nous faisait observer que, passée l'agitation provoquée par l'opération, le ver de terre continuait de progresser à peu près comme si de rien n'était : à l'état naturel, la contraction de chaque anneau de la bestiole entraînait la contraction de l'anneau suivant. Quand on remplaçait le lien charnel par le fil, la chaîne des contractions n'était pas modifiée. Tout ça pour montrer que chaque anneau fonctionnait de manière plus ou moins autonome. Ce qu'on appelle un "métamère" [...] Ceci dit, mon ver de terre, si on le met (sans le couper en deux) dans un labyrinthe avec deux voies, l'une qui conduit vers une bouse de vache et l'autre vers une décharge électrique, il apprend très vite quelle voie il vaut mieux choisir. Il y a donc bien une sorte de "cerveau" qui conduit les contractions de ses métamères plutôt dans la direction souhaitable» (GUILLOUX, Romain. Un cerveau, comment ça marche ? CORYDIS)
On raconte que des chercheurs ont eu l'idée, bizarre j'en conviens, de mener d'autres expériences semblables, pour savoir si un ver pouvait mémoriser quelque chose et apprendre à éviter certaines directions en faveur de d'autres. Pour ce faire, on a placé un dispositif émettant de petites décharges électriques. Étonnamment, avec la répétition, le ver de terre avait appris à associer la décharge désagréable à un trajet et se mit à l'éviter. La décharge électrique étant un inconfort, on peut conclure que le ver de terre (lombric), une forme de vie très simple, peut apprendre de la souffrance.
Voilà, vous voyez où je veux en venir. Si le ver de terre avec une mémoire et une capacité élémentaires d'apprentissage peut apprendre des leçons et des changements de comportements de certaines souffrances, il en est de même de nous, pour autant que nous ayons "une sorte de cerveau" comme le ver de terre (lombric).
Conséquences et souffrance 101
Selon une conception enfantine de la souffrance, chez plusieurs adultes qui se disent matures et responsables, Dieu s'il existe, devrait bannir hors de ce monde, toute souffrance et toute conséquence négative ou fâcheuse de nos choix. Pourtant, dans plusieurs situations, comme c'est le cas pour la protection de nos corps (contre la chaleur, par exemple), la souffrance peut nous apprendre à mémoriser afin de ne pas reproduire certains comportements engendrant des conséquences douloureuses ou négatives dans nos vies.
Dans le livre du prophète Esaïe (Isaïe), nous voyons qu'un peuple est en train de vivre les conséquences découlant de ses mauvaises décisions. Il en souffre à divers niveaux.
«Où vous frapper encore, puisque vous persistez dans votre rébellion ?
Car, déjà votre tête tout entière est malade, votre cœur est tout abattu.
De la plante des pieds jusqu'à la tête, rien n'est en bon état,
Ce ne sont que blessures, contusions et plaies vives
Qui ne sont ni nettoyées, ni bandées, ni soignées avec de l'huile» (Esaïe 1.5-6)
Cette métaphore décrit une société qui s'est égarée et qui est «malade» de sa «tête» (ses dirigeants) jusqu'à la «plante des pieds» (la base : les individus, les familles, le peuple). Dans sa sagesse matérialiste et individualiste, la société décrite a oublié deux facteurs: le facteur Dieu et le facteur nature humaine; spirituelle et morale en essence (à la différence des animaux).
Il y a beaucoup de conséquences, ou de maux, mais pas de solution durable et accessible à tous. Les spécialistes et l'élite ne peuvent plus apporter de solution efficace. Pendant ce temps, les gens souffrent. Mais ils suivent des fausses pistes qui ne mène à terme qu'à d'autres problématiques et souffrances. Quelle est la direction? Quel est le bon trajet à suivre? Si je pouvais, comme le ver, éviter les mauvaises directions...
Devenir un «ver» nouveau
Si tu t'es déjà senti méprisé et sans force, comme un ver captif de la souffrance et de l'humiliation, sache qu'un autre l'a vécu avant toi. Le Sauveur et Seigneur de tous ceux qui s'approchent de lui, par la foi-confiance en lui.
Des siècles avant la crucifixion, un auteur des Psaumes voit la scène du Messie qui souffre à la place de ceux qui viendront à lui, de toutes les générations et de tous les peuples:
Extraits du Psaume 22:
Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’as–tu abandonné,
Et t’éloignes–tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes ?
[...]
En toi se confiaient nos pères ;
Ils se confiaient, et tu les délivrais.
Ils criaient à toi, et ils étaient sauvés ;
Ils se confiaient en toi, et ils n’étaient point confus.
Et moi, je suis un ver et non un homme,
L’opprobre des hommes et le méprisé du peuple.
Tous ceux qui me voient se moquent de moi,
Ils ouvrent la bouche, secouent la tête:
« Recommande–toi à l’Eternel ! L’Eternel le sauvera, Il le délivrera, puisqu’il l’aime ! »
– Oui, tu m’as fait sortir du sein maternel,
Tu m’as mis en sûreté sur les mamelles de ma mère ;
Dès le sein maternel j’ai été sous ta garde,
Dès le ventre de ma mère tu as été mon Dieu.
Ne t’éloigne pas de moi quand la détresse est proche,
Quand personne ne vient à mon secours !
[...]
Car des chiens m’environnent,
Une bande de scélérats rôdent autour de moi,
Ils ont percé mes mains et mes pieds.
Je pourrais compter tous mes os.
Eux, ils observent, ils me regardent ;
Ils se partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique.
Et toi, Eternel, ne t’éloigne pas !
Toi qui es ma force, viens en hâte à mon secours !
Protège mon âme contre le glaive,
Ma vie contre le pouvoir des chiens !
Sauve–moi de la gueule du lion,
Délivre–moi des cornes du buffle !
Je publierai ton nom parmi mes frères,
Je te célébrerai au milieu de l’assemblée.
La postérité le servira ;
On parlera du Seigneur à la génération future.
Quand elle viendra, elle annoncera sa justice,
Elle annoncera son œuvre au peuple nouveau–né.
Ce Psaume a été écrit par le Roi David, qui était aussi prophète, et qui a régné sur l'ancien Israël vers 1010 à 970 av. J.-C. Il décrit la mission terrestre du Christ. À la croix, le Christ a pris la malédiction de la révolte humaine, afin que ceux qui croient n'aient pas à subir pareille malédiction (une conséquence et non un manque d'amour de la part de Dieu). À la croix, il a pris sur lui nos désobéissances de toute une vie, pour que par la foi qui mène à une vie nouvelle, nous devenions un peuple nouveau-né; né d'une nouvelle Alliance en Jésus-Christ.
Si un ver peut apprendre de ses souffrances, je le peux certainement. Je peux revenir au Dieu de Jésus-Christ.
Si mon Sauveur lui-même s'est identifié au ver, créature méprisée, je peux compter sur lui pour me comprendre et me rétablir.
S'il a vaincu la souffrance non en l'évitant, mais par la résurrection, par contre il me dit que je n'ai pas à demeurer dans mon état de rebelle ou de révolté. Je peux choisir et accepter de faire partie du peuple nouveau-né, celui de qui vit par la foi-confiance en Jésus-Christ.
Je publierai ton nom parmi mes frères,
Je te célébrerai au milieu de l’assemblée.
La postérité le servira ;
On parlera du Seigneur à la génération future.
Quand elle viendra, elle annoncera sa justice,
Elle annoncera son œuvre au peuple nouveau–né.
(extrait du Psaume 22).
La «postérité» réfère à la descendance, aux générations futures, c'est-à-dire au peuple nouveau-né. Il s'agit de la postérité ou descendance spirituelle, reconnectée à Dieu, issue de l'œuvre de Jésus-Christ. Je peux devenir un ver nouveau, qui apprend de ses égarements et de ses révoltes pour ne plus les répéter, placé sous la protection de Celui qui a ouvert la voie pour sortir des impasses du labyrinthe.
Dernière modification : 19 septembre 2009

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