Nous entendons souvent dire que les membres de nos familles, décédés, veillent sur nous, nous protègent, nous parlent et que nous pouvons même les prier. Plus d'une fois j'ai entendu cette affirmation de collègues de travail, de fils ou filles dont les parents étaient décédés, et même de parents d'enfants décédés, ou de membres du clergé de certaines églises traditionnelles. Mais que nous dit la Bible sur le sujet? Les morts ont-ils réellement ces pouvoirs de présence, d'assistance et même de réponse à nos prières et de direction face à nos interrogations sur le présent et l'avenir?
(mon présente article a été publié à l'origine sur le blogue Eternite, le 27 septembre 2007)
Dans la sphère spirituelle, tout comme dans les autres aspects de la vie, nous devons prendre conscience de la différence entre les sentiments (ce que nous voulons ou aimons) et une vérité. Ce n'est pas parce qu'un enseignement ou une idée nous touchent, qu'ils soient vrais pour autant. Cette prise de conscience doit séparer l'âge de l'enfance de l'âge adulte.
Premièrement, les Saintes-Écritures ne nient pas, bien au contraire, qu'il existe des entités spirituelles invisibles qui peuvent se manifester ou nous être révélées
Tout d'abord, la Bible ne nie pas, bien au contraire, qu'il existe des puissances ou pouvoirs ou êtres ou entités ou esprits qui transcendent (dépassent, existent et se meuvent) au-delà de notre monde visible, en interaction d'une certaine manière avec celui-ci.
Elle nous enseigne, nous renseigne ou même nous avertit sérieusement aussi à ce sujet. Il ne suffit pas qu'il existe un phénomène ou une puissance pour y adhérer ou pour s'y abandonner. La source de cette puissance est tout aussi importante.
Aux chrétiens de l'Église naissante, l'apôtre Paul donne cet avertissement à ceux qui se sont convertis à Christ et qui pourraient croire que la marche chrétienne sera un sentier de pétales de roses :
«Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.
«C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté» (Éphésiens 6.12-13).
Dans l'Ancien Testament [Alliance qui a précédé la Nouvelle Alliance en Jésus], le prophète Daniel pria instamment et fit un jeûne partiel prolongé, pour comprendre pourquoi le rétablissement de son peuple alors en exil tardait, malgré la [durée prévue selon la] prophétie. Après des jours de silence apparent de Dieu, il lui fut révélé qu'une entité spirituelle (une autorité ou un "chef") dans les hautes sphères avait empêché un ange de Dieu de lui apporter la réponse de Dieu durant 21 jours (Daniel, chap. 10). Nous apprenons ailleurs par exemple que Satan se révèle sous la forme d'un ange de lumière et donc de justice, d'équité et de révélation pour séduire le plus grand nombre possible de personnes à chaque génération. Il a même ses ministres (et donc ses ministères) ou ses prêtres et prêtresses (officiers servants) sous une apparente bannière de justice:
«Satan lui–même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice.
Leur fin sera selon leurs œuvres» (extrait de 2 Corinthiens 11)
Ceci signifie qu'une entité spirituelle intelligente et possédant une volonté propre et une certaine autorité et puissance, est en mesure de convaincre des personnes à se soumettre à ses révélations ou suggestions (parole, forte impression, vision). Le diable et la multitude d'anges l'ayant suivi dans sa révolte ancienne et qui sont des entités spirituelles déchues peuvent donc, selon la Bible, usurper une identité (se déguiser, se faire passer pour, prendre la forme de) et même utiliser leurs connaissances très anciennes pour se référer aux événements passés anciens ou récents ou se présenter comme un ange ou archange (se déguise en ange de lumière), un défunt, une incarnation antérieure dans d'autres temps et d'autres lieux, une révélation, certains phénomènes dits "psys" et ainsi de suite.
On a dit que le malin ou le diable est le singe de Dieu (son imitateur) et donc aussi ses œuvres; exactement comme dans la parabole où un ennemi sème de l'ivraie dans un champs de blé en culture, au point où les deux semences se confondent pour un temps (Matthieu 13. 24-30).
Jésus a parlé du diable plus d'une fois; voici l'une d'elles:
«...le diable (...) a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge» (extrait de Jean, chap. 8).
Il n'en est pas seulement ainsi du chef, mais de ses aides invisibles et des hommes et femmes qui le servent consciemment ou non.
Au temps de l'Ancien Testament, le Seigneur voulait châtier un roi de l'ancien Israël nommé Achab (ou Akab). Ce dernier avait refusé de changer de conduite et de revenir vers Dieu et la justice, malgré plusieurs avertissements. Aussi, Dieu décida-t-il de l'attirer pour sa perte en se servant d'un des péchés de ce roi, lequel était de pourvoir au maintien d'un sacerdoce idolâtre (voué à des divinités païennes).
Nous assistons ici à l'une des scènes célestes bibliques, dont Dieu a auparavant révélé le contenu à Michée, l'un de ses prophètes:
«Et Michée dit : Ecoute donc la parole de l’Eternel ! J’ai vu l’Eternel assis sur son trône, et toute l’armée des cieux se tenant auprès de lui, à sa droite et à sa gauche. Et l’Eternel dit : Qui séduira Achab, pour qu’il monte à Ramoth en Galaad et qu’il y périsse ? (...)
Et un esprit vint se présenter devant l’Eternel, et dit : Moi, je le séduirai.
L’Eternel lui dit : Comment ?
Je sortirai, répondit–il, et je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes.
L’Eternel dit : Tu le séduiras, et tu en viendras à bout ; sors, et fais ainsi !
Et maintenant, voici [c'est Michée qui parle], l’Eternel a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tous tes prophètes qui sont là. Et l’Eternel a prononcé du mal contre toi.» (extrait de I Rois, chap. 22).
Ce que nous apprenons, c'est qu'à cause de la dureté du coeur du roi Achab (Akab), l'Éternel laissera réussir un projet mensonger qui mènera le souverain à sa perte; soudaine et sans remède. L'Éternel Dieu a décrété sa fin. Ceci veut dire que Dieu n'empêchera pas la perdition d'Akab, si celui-ci résiste à cet ultime avertissement prononcé ici par le prophète Michée. Fait intéressant, environ 400 prophètes des dieux païens prédisent au roi la victoire lors de la prochaine campagne militaire pour laquelle il les consulte. Le roi veut croire au mensonge, car ce qu'il entend lui plait. Mais le prophète de Dieu lui annonce le contraire. La suite se révélera tragique pour Akab. Craignant tout de même pour sa vie, il ne met pas ses vêtements de combat royaux, de peur d'être la cible prisée des soldats de l'ancienne Syrie. Au champ de bataille, dans le feu de l'action, un archer syrien tire au hasard et atteint Akab à l'endroit où s'attache la cuirasse. Le roi, sévèrement touché, meurt au bout de son sang.
Les faux prophètes étaient-ils convaincus de dire la vérité et d'avoir une meilleure révélation. Probablement que oui pour un bon nombre d'entre eux. Il y avait aussi ceux qui se concertaient pour un avantage quelconque. Ils avaient le soutien du roi et étaient confiants de terminer leur existence dans une certaine prospérité. La plupart croyaient probablement servir de vraies divinités. Mais ils sont pourtant devenus un piège pour Akab, avec des conséquences pour ses sujets. Les décisions spirituelles des dirigeants influent sur le sort de ceux qui sont conduits.
Ainsi s'accomplit cette parole contre Akab : «... je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes ». L'esprit séducteur a dit une vérité en s'engageant à mentir... Le fourbe a respecté un engagement conduisant à la mort tragique d'Akab, homme encore vigoureux.
Le roi Saül consulte une femme qui évoque les morts, mais il le fait pour sa propre perte
On trouve aussi dans la Bible le récit de la fin du roi Saül, le premier roi de l'ancien Israël. Après un bon début comme roi ayant reçu l'onction d'huile sur ordre de Dieu, Saül devient de plus en plus méprisant à l'égard de Dieu et de la Loi. Il lui est annoncé qu'il sera remplacé. Saül avait été fortement influencé par le ministère du prophète Samuel, dont il est dit que les paroles ne tombaient jamais à terre. Mais lorsque le roi tombe en défaveur devant Dieu et que Samuel se distance de lui, Saül est privé de direction divine et ne sait plus à qui se vouer dans les situations critiques. Ainsi, devant une invasion imminente de l'armée des Philistins, le roi est saisi de crainte. Il invoque Dieu sans succès. Dieu ne veut plus se révéler à Saül, parce que ce dernier lui résiste souvent. Il le livre donc à ses pensées et à sa propre sagesse, puisque c'est la voie qu'il chérit en périodes difficiles.
Mais maintenant, le prophète Samuel est mort. Le roi Saül est très insécure, d'autant plus qu'il sait qu'un autre prendra sa place, déjà oint de l'onction royale par le prophète Samuel. Il pousse donc l'audace jusqu'à chercher une médium dans le but d'invoquer le prophète Samuel et d'obtenir une direction quelconque : «Et Saül dit à ses serviteurs : Cherchez–moi une femme qui évoque les morts, et j’irai la consulter... » (1 Samuel 28.7).
Ceci est clairement une pratique interdite par le Dieu de la Bible, au même titre que le recours aux divinités païennes.
«Si l’on vous dit : Consultez ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l’avenir [...] Répondez: Un peuple ne consultera–t–il pas son Dieu ? S’adressera–t–il aux morts en faveur des vivants ? À la loi et au témoignage ! Si l’on ne parle pas ainsi, Il n’y aura point d’aurore pour le peuple (...) Il sera repoussé dans d’épaisses ténèbres» (extr. d'Esaïe, chap. 8; V. aussi certains passages du Deutéronome, chap. 18 et chap 19).
La Bible ne dit pas qu'il ne se passera rien, mais elle dit plutôt que ce sont des pratiques contraires à la foi en Dieu et désapprouvées de Lui, comme le serait prier la Lune plutôt que le Créateur ou confier sa destinée (son avenir) aux astres plutôt qu'à Dieu. Qui veut plaire à Dieu ne touche pas à ces choses.
Mais dans son obstination et son insécurité, Saül persiste et va, en secret, consulter cette femme qui évoque les morts, selon une pratique interdite dans le pays.
À ce moment-là, il se produit un phénomène particulier. Samuel lui-même se manifeste, comme par une permission de Dieu. La femme a peur de la révélation et la fin tragique de Saül et de plusieurs innocents avec lui, dont son propre fils Jonathan est annoncée au roi. Comme quoi, il est faux de croire que les croyances et pratiques spirituelles d'une personne n'auraient d'effets que sur elle-même et non sur les autres.
«Le roi lui dit : Ne crains rien ; mais que vois–tu ?
La femme dit à Saül : je vois un dieu qui monte de la terre.
Il lui dit : Quelle figure a–t–il ? Et elle répondit : C’est un vieillard qui monte et il est enveloppé d’un manteau. Saül comprit que c’était Samuel, et il s’inclina le visage contre terre et se prosterna.
Samuel dit à Saül : Pourquoi m’as–tu troublé, en me faisant monter ? Saül répondit : Je suis dans une grande détresse: les Philistins me font la guerre, et Dieu s’est retiré de moi ; il ne m’a répondu ni par les prophètes ni par des songes. Et je t’ai appelé pour que tu me fasses connaître ce que je dois faire.
Samuel dit : Pourquoi donc me consultes–tu, puisque l’Eternel s’est retiré de toi et qu’il est devenu ton ennemi ? L’Eternel te traite comme je te l’avais annoncé de sa part ; l’Eternel a déchiré la royauté d’entre tes mains, et l’a donnée à un autre, à David. Tu n’as point obéi à la voix de l’Eternel, et tu n’as point fait sentir à Amalek l’ardeur de sa colère : voilà pourquoi l’Eternel te traite aujourd’hui de cette manière. Et même l’Eternel livrera Israël avec toi entre les mains des Philistins. Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi, et l’Eternel livrera le camp d’Israël entre les mains des Philistins.
Aussitôt Saül tomba à terre de toute sa hauteur, et les paroles de Samuel le remplirent d’effroi» (extr. de 1 Samuel, chap. 28).
Voici le témoignage biblique sur la veille précédant la fin de ce roi et d'un de ses fils fidèle à Dieu:
«Saül mourut, parce qu’il se rendit coupable d’infidélité envers l’Eternel, dont il n’observa point la parole, et parce qu’il interrogea et consulta ceux qui évoquent les morts» (extr. de 1 Chroniques, chap. 10).
Encore ici, le témoignage des Écritures ne s'attarde pas à expliquer le phénomène, ni même à prouver que ça ne fonctionne jamais. L'événement compilé dans la Bible sert à démontrer que la démarche de Saül, où il consulte une médium, a été en quelque sorte le couronnement de ses mauvaises oeuvres par lesquelles il a déplu et profondément manqué de respect envers Dieu, Celui même qui l'avait élevé à la royauté alors qu'il était un inconnu parmi la foule.
Conclusion : Qui veut plaire à Dieu s'abstient d'invoquer ces choses [les morts, les anges, les esprits ou toute entité semblable]
Ne nous y trompons pas. Ce n'est pas parce qu'il se passe parfois des choses étonnantes que vous n'aurez pas un jour à en payer fort cher le prix.
De plus, la Bible lève le voile sur un monde spirituel dont la source est habituellement imperceptible de nous, MAIS non moins agissant pour autant. Elle nous enseigne que la source d'un phénomène (ex. une révélation, une puissance) est tout aussi importante que le phénomène lui-même.
Le bien apparent procuré par ces pratiques (ex. consolation ou trouver du sens dans la mort d'un proche) ne rend aucunement ces pratiques plus agréables à Dieu qui les décrit comme une abomination. En consultant la médium, le roi Saül ne voulait-il pas invoquer un de ses prophètes? Ce récit nous apprend qu'en mélangeant un peu de ce qui est à Dieu avec une abomination, il n'en résulte pas mois une profonde insulte pour Dieu.
Malheureusement, nos librairies regorgent d'ouvrages et d'essais sur la communication avec de prétendus défunts ou avec des entités spirituelles, les prophéties diverses, les anges et archanges, les énergies cosmiques, les pouvoirs psys et autres.
Heureusement, s'il y a de faux billets de banque, c'est qu'il y en a des vrais. L'imitation ou la copie existent parce qu'il y a quelque chose qui soit digne d'être imité. La copie d'un billet de banque ou d'une chaussure sport de marque n'a de sens que si l'objet existe.
Les œuvres réelles trouvent leur source en Dieu, comme la révélation écrite des Écritures Saintes (la Bible), diverses révélations authentiques, des guérisons ET la voix [le souffle] de l'Esprit tentant de réanimer nos consciences humaines, sans oublier le ministère d'hommes et de femmes de Dieu.
FIN DE L'ARTICLE D'ORIGINE
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