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vendredi 28 août 2026

Le pouvoir des moRts

Nous entendons souvent dire que les membres de nos familles, décédés, veillent sur nous, nous protègent, nous parlent et que nous pouvons même les prier. Plus d'une fois j'ai entendu cette affirmation de collègues de travail, de fils ou filles dont les parents étaient décédés, et même de parents d'enfants décédés, ou de membres du clergé de certaines églises traditionnelles. Mais que nous dit la Bible sur le sujet? Les morts ont-ils réellement ces pouvoirs de présence, d'assistance et même de réponse à nos prières et de direction face à nos interrogations sur le présent et l'avenir?

(mon présente article a été publié à l'origine sur le blogue Eternite, le 27 septembre 2007)

Dans la sphère spirituelle, tout comme dans les autres aspects de la vie, nous devons prendre conscience de la différence entre les sentiments (ce que nous voulons ou aimons) et une vérité. Ce n'est pas parce qu'un enseignement ou une idée nous touchent, qu'ils soient vrais pour autant. Cette prise de conscience doit séparer l'âge de l'enfance de l'âge adulte.

Premièrement, les Saintes Écritures ne nient pas, bien au contraire, qu'il existe des entités spirituelles invisibles qui peuvent se manifester ou nous être révélées

Tout d'abord, la Bible ne nie pas, bien au contraire, qu'il existe des puissances ou pouvoirs ou êtres ou entités ou esprits qui transcendent (dépassent, existent et se meuvent) au-delà de notre monde visible, en interaction d'une certaine manière avec celui-ci.

Elle nous enseigne, nous renseigne ou même nous avertit sérieusement aussi à ce sujet. Il ne suffit pas qu'il existe un phénomène ou une puissance pour y adhérer ou pour s'y abandonner. La source de cette puissance est tout aussi importante.

En lien avec le premier livre de Samuel, chap. 28 : Saül, rejeté par Dieu quant à la royauté et confronté aux ennemis Philistins, fait appel à la femme d’Endor qui invoque l’esprit des morts. C'est un acte abominable aux yeux de Dieu et formellement interdit par la Torah. Image générée par IA, 29 août 2026.

Aux chrétiens de l'Église naissante, l'apôtre Paul donne cet avertissement à ceux qui se sont convertis à Christ et qui pourraient croire que la marche chrétienne sera un sentier de pétales de roses :

«Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes.
«C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté» (Éphésiens 6.12-13).

Dans l'Ancien Testament [Alliance qui a précédé la Nouvelle Alliance en Jésus], le prophète Daniel pria instamment et fit un jeûne partiel prolongé, pour comprendre pourquoi le rétablissement de son peuple alors en exil tardait, malgré la [durée prévue selon la] prophétie. Après des jours de silence apparent de Dieu, il lui fut révélé qu'une entité spirituelle (une autorité ou un "chef") dans les hautes sphères avait empêché un ange de Dieu de lui apporter la réponse de Dieu durant 21 jours (Daniel, chap. 10). Nous apprenons ailleurs par exemple que Satan se révèle sous la forme d'un ange de lumière et donc de justice, d'équité et de révélation pour séduire le plus grand nombre possible de personnes à chaque génération. Il a même ses ministres (et donc ses ministères) ou ses prêtres et prêtresses (officiers servants) sous une apparente bannière de justice:

«Satan lui–même se déguise en ange de lumière. Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice.
Leur fin sera selon leurs œuvres» (extrait de 2 Corinthiens 11)

Ceci signifie qu'une entité spirituelle intelligente et possédant une volonté propre et une certaine autorité et puissance, est en mesure de convaincre des personnes à se soumettre à ses révélations ou suggestions (parole, forte impression, vision). Le diable et la multitude d'anges l'ayant suivi dans sa révolte ancienne et qui sont des entités spirituelles déchues peuvent donc, selon la Bible, usurper une identité (se déguiser, se faire passer pour, prendre la forme de) et même utiliser leurs connaissances très anciennes pour se référer aux événements passés anciens ou récents ou se présenter comme un ange ou archange (se déguise en ange de lumière), un défunt, une incarnation antérieure dans d'autres temps et d'autres lieux, une révélation, certains phénomènes dits "psys" et ainsi de suite.

On a dit que le malin ou le diable est le singe de Dieu (son imitateur) et donc aussi ses œuvres; exactement comme dans la parabole où un ennemi sème de l'ivraie dans un champs de blé en culture, au point où les deux semences se confondent pour un temps (Matthieu 13. 24-30)

Jésus a parlé du diable plus d'une fois; voici l'une d'elles:

«...le diable (...) a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et le père du mensonge» (extrait de Jean, chap. 8).

Il n'en est pas seulement ainsi du chef, mais de ses aides invisibles et des hommes et femmes qui le servent consciemment ou non.

Au temps de l'Ancien Testament, le Seigneur voulait châtier un roi de l'ancien Israël nommé Achab (ou Akab). Ce dernier avait refusé de changer de conduite et de revenir vers Dieu et la justice, malgré plusieurs avertissements. Aussi, Dieu décida de l'attirer pour sa perte en se servant d'un des péchés de ce roi, lequel était de pourvoir au maintien d'un sacerdoce idolâtre (voué à des divinités païennes).

Nous assistons ici à l'une des scènes célestes bibliques, dont Dieu a auparavant révélé le contenu à Michée, l'un de ses prophètes:

«Et Michée dit : Ecoute donc la parole de l’Eternel ! J’ai vu l’Eternel assis sur son trône, et toute l’armée des cieux se tenant auprès de lui, à sa droite et à sa gauche. Et l’Eternel dit : Qui séduira Achab, pour qu’il monte à Ramoth en Galaad et qu’il y périsse ? (...)
Et un esprit vint se présenter devant l’Eternel, et dit : Moi, je le séduirai.
L’Eternel lui dit : Comment ?
Je sortirai, répondit–il, et je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes.
L’Eternel dit : Tu le séduiras, et tu en viendras à bout ; sors, et fais ainsi !

Et maintenant, voici [c'est Michée qui parle], l’Eternel a mis un esprit de mensonge dans la bouche de tous tes prophètes qui sont là. Et l’Eternel a prononcé du mal contre toi.» (extrait de I Rois, chap. 22).

Ce que nous apprenons, c'est qu'à cause de la dureté du cœur du roi Achab (Akab), l'Éternel laissera réussir un projet mensonger qui mènera le souverain à sa perte; soudaine et sans remède. L'Éternel Dieu a décrété sa fin. Ceci veut dire que Dieu n'empêchera pas la perdition d'Akab, si celui-ci résiste à cet ultime avertissement prononcé ici par le prophète Michée. Fait intéressant, environ 400 prophètes des dieux païens prédisent au roi la victoire lors de la prochaine campagne militaire pour laquelle il les consulte. Le roi veut croire au mensonge, car ce qu'il entend lui plait. Mais le prophète de Dieu lui annonce le contraire. La suite se révélera tragique pour Akab. Craignant tout de même pour sa vie, il ne met pas ses vêtements de combat royaux, de peur d'être la cible prisée des soldats de l'ancienne Syrie. Au champ de bataille, dans le feu de l'action, un archer syrien tire au hasard et atteint Akab à l'endroit où s'attache la cuirasse. Le roi, sévèrement touché, meurt au bout de son sang.

Les faux prophètes étaient-ils convaincus de dire la vérité et d'avoir une meilleure révélation. Probablement que oui pour un bon nombre d'entre eux. Il y avait aussi ceux qui se concertaient pour un avantage quelconque. Ils avaient le soutien du roi et étaient confiants de terminer leur existence dans une certaine prospérité. La plupart croyaient probablement servir de vraies divinités. Mais ils sont pourtant devenus un piège pour Akab, avec des conséquences pour ses sujets. Les décisions spirituelles des dirigeants influent sur le sort de ceux qui sont conduits.

Ainsi s'accomplit cette parole contre Akab : «... je serai un esprit de mensonge dans la bouche de tous ses prophètes ». L'esprit séducteur a dit une vérité en s'engageant à mentir... Le fourbe a respecté un engagement conduisant à la mort tragique d'Akab, homme encore vigoureux.


Le roi Saül consulte une femme qui évoque les morts, mais il le fait pour sa propre perte

On trouve aussi dans la Bible le récit de la fin du roi Saül, le premier roi de l'ancien Israël. Après un bon début comme roi ayant reçu l'onction d'huile sur ordre de Dieu, Saül devient de plus en plus méprisant à l'égard de Dieu et de la Loi. Il lui est annoncé qu'il sera remplacé. Saül avait été fortement influencé par le ministère du prophète Samuel, dont il est dit que les paroles ne tombaient jamais à terre. Mais lorsque le roi tombe en défaveur devant Dieu et que Samuel se distance de lui, Saül est privé de direction divine et ne sait plus à qui se vouer dans les situations critiques. Ainsi, devant une invasion imminente de l'armée des Philistins, le roi est saisi de crainte. Il invoque Dieu sans succès. Dieu ne veut plus se révéler à Saül, parce que ce dernier lui résiste souvent. Il le livre donc à ses pensées et à sa propre sagesse, puisque c'est la voie qu'il chérit en périodes difficiles.

Mais maintenant, le prophète Samuel est mort. Le roi Saül est très insécure, d'autant plus qu'il sait qu'un autre prendra sa place, déjà oint de l'onction royale par le prophète Samuel. Il pousse donc l'audace jusqu'à chercher une médium dans le but d'invoquer le prophète Samuel et d'obtenir une direction quelconque : «Et Saül dit à ses serviteurs : Cherchez–moi une femme qui évoque les morts, et j’irai la consulter... » (1 Samuel 28.7).

Ceci est clairement une pratique interdite par le Dieu de la Bible, au même titre que le recours aux divinités païennes.

«Si l’on vous dit : Consultez ceux qui évoquent les morts et ceux qui prédisent l’avenir [...] Répondez: Un peuple ne consultera–t–il pas son Dieu ? S’adressera–t–il aux morts en faveur des vivants ? À la loi et au témoignage ! Si l’on ne parle pas ainsi, Il n’y aura point d’aurore pour le peuple (...) Il sera repoussé dans d’épaisses ténèbres» (extr. d'Esaïe, chap. 8; V. aussi certains passages du Deutéronome, chap. 18 et chap 19).

La Bible ne dit pas qu'il ne se passera rien, mais elle dit plutôt que ce sont des pratiques contraires à la foi en Dieu et désapprouvées de Lui, comme le serait prier la Lune plutôt que le Créateur ou confier sa destinée (son avenir) aux astres plutôt qu'à Dieu. Qui veut plaire à Dieu ne touche pas à ces choses.

Mais dans son obstination et son insécurité, Saül persiste et va, en secret, consulter cette femme qui évoque les morts, selon une pratique interdite dans le pays.

À ce moment-là, il se produit un phénomène particulier. Samuel lui-même se manifeste, comme par une permission de Dieu. La femme a peur de la révélation et la fin tragique de Saül et de plusieurs innocents avec lui, dont son propre fils Jonathan est annoncée au roi. Comme quoi, il est faux de croire que les croyances et pratiques spirituelles d'une personne n'auraient d'effets que sur elle-même et non sur les autres.

«Le roi lui dit : Ne crains rien ; mais que vois–tu ?
La femme dit à Saül : je vois un dieu qui monte de la terre.
Il lui dit : Quelle figure a–t–il ? Et elle répondit : C’est un vieillard qui monte et il est enveloppé d’un manteau. Saül comprit que c’était Samuel, et il s’inclina le visage contre terre et se prosterna.
Samuel dit à Saül : Pourquoi m’as–tu troublé, en me faisant monter ? Saül répondit : Je suis dans une grande détresse: les Philistins me font la guerre, et Dieu s’est retiré de moi ; il ne m’a répondu ni par les prophètes ni par des songes. Et je t’ai appelé pour que tu me fasses connaître ce que je dois faire.
Samuel dit : Pourquoi donc me consultes–tu, puisque l’Eternel s’est retiré de toi et qu’il est devenu ton ennemi ? L’Eternel te traite comme je te l’avais annoncé de sa part ; l’Eternel a déchiré la royauté d’entre tes mains, et l’a donnée à un autre, à David. Tu n’as point obéi à la voix de l’Eternel, et tu n’as point fait sentir à Amalek l’ardeur de sa colère : voilà pourquoi l’Eternel te traite aujourd’hui de cette manière. Et même l’Eternel livrera Israël avec toi entre les mains des Philistins. Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi, et l’Eternel livrera le camp d’Israël entre les mains des Philistins.
Aussitôt Saül tomba à terre de toute sa hauteur, et les paroles de Samuel le remplirent d’effroi» (extr. de 1 Samuel, chap. 28).

Voici le témoignage biblique sur la veille précédant la fin de ce roi et d'un de ses fils fidèle à Dieu: 

[Saül est frappé de mort, lorsqu'il qu’il se rend coupable d’infidélité envers l’Eternel et parce qu’il a interrogé et consulté ceux qui évoquent les morts]

«Saül mourut, parce qu’il se rendit coupable d’infidélité envers l’Eternel, dont il n’observa point la parole, et parce qu’il interrogea et consulta ceux qui évoquent les morts» (extr. de 1 Chroniques, chap. 10). 

Encore ici, le témoignage des Écritures ne s'attarde pas à expliquer le phénomène [imitation des œuvres de Dieu], ni même à prouver que ça ne fonctionne jamais. L'événement compilé dans la Bible sert à démontrer que la démarche de Saül, où il consulte une médium, a été en quelque sorte le couronnement de ses mauvaises œuvres par lesquelles il a déplu et profondément manqué de respect envers Dieu, Celui même qui l'avait élevé à la royauté alors qu'il était un inconnu parmi la foule.


Conclusion : Qui veut plaire à Dieu s'abstient d'invoquer ces choses [les morts, les anges, les esprits ou toute entité semblable] 

Ne nous y trompons pas. Ce n'est pas parce qu'il se passe parfois des choses étonnantes que vous n'aurez pas un jour à en payer fort cher le prix.

De plus, la Bible lève le voile sur un monde spirituel dont la source est habituellement imperceptible de nous, MAIS non moins agissant pour autant. Elle nous enseigne que la source d'un phénomène (ex. une révélation, une puissance) est tout aussi importante que le phénomène lui-même.

Le bien apparent procuré par ces pratiques (ex. consolation ou trouver du sens dans la mort d'un proche) ne rend aucunement ces pratiques plus agréables à Dieu qui les décrit comme une abomination. En consultant la médium, le roi Saül ne voulait-il pas invoquer un de ses prophètes? Ce récit nous apprend qu'en mélangeant un peu de ce qui est à Dieu avec une abomination, il n'en résulte pas mois une profonde insulte pour Dieu.

Malheureusement, nos librairies regorgent d'ouvrages et d'essais sur la communication avec de prétendus défunts ou avec des entités spirituelles, les prophéties diverses, les anges et archanges, les énergies cosmiques, les pouvoirs psys et autres.

Heureusement, s'il y a de faux billets de banque, c'est qu'il y en a des vrais. L'imitation ou la copie existent parce qu'il y a quelque chose qui soit digne d'être imité. La copie d'un billet de banque ou d'une chaussure sport de marque n'a de sens que si l'objet existe. 

Les œuvres réelles trouvent leur source en Dieu, comme la révélation écrite des Écritures Saintes (la Bible), diverses révélations authentiques, des guérisons ET la voix [le souffle] de l'Esprit tentant de réanimer nos consciences humaines, sans oublier le ministère d'hommes et de femmes de Dieu.

FIN DE L'ARTICLE D'ORIGINE



mardi 18 septembre 2018

Le diable, personnage mythique ou esprit brillant?

Le diable, personnage mythique ou esprit brillant?
  par Gilles Bernier, 2001-10-23

(texte initialement publié en 2001 sur mon site chrétien destiné aux personnes en démarche de réflexion spirituelle. Photos ajoutées en 2018)

Le diable, selon l'interprétation du film la Passion du Christ, produit et réalisé par Mel Gibson, 2004.

Selon les nombreux textes bibliques qui y font référence, le diable n'a rien à voir
  • avec les représentations caricaturales du Moyen Âge, d'un être cornu aux pieds fourchus prêt à piquer les imprudents avec son trident;
  • rien à voir non plus avec l'interprétation des rationalistes qui y voient une personnification du mal sans existence réelle;
  • ni avec le petit diable individuel qui lutte avec la conscience;
  • ni avec les représentations habituelles du cinéma.

Au moins deux groupes croient pourtant fermement en l'existence du diable: ceux qui d'une part sont conscients de le servir et ceux d'autre part, conscients de ne pas le servir.

Statue de Baphomet, lors d'une tournée publique en 2018, pour défendre la liberté des cultes satanistes aux États-Unis. 


Plus précisément, ces deux grands courants y croient:
  • ceux qui sont conscients de lui rendre un culte comme dans le satanisme avoué (ex. messe noire, culte vaudou) et
  • ceux qui sont conscients de ne pas vouloir le servir et le voient comme un esprit puissant, d'une intelligence supérieure aux hommes et ennemie de Dieu (ex. dans l'enseignement de Jésus, des apôtres et de l'Église après eux).


Le sens de l'un de ses noms, Satan, est justement: ennemi, adversaire ou celui qui s'oppose.
Il est désigné dans la Bible par plus d'une quarantaine d'appellations qui décrivent le caractère de sa personnalité et son action dans les sphères spirituelles.

La personnalité et la nature de Satan


Comme les anges, le diable est un esprit créé (Psaumes 148.2-6; Ezéchiel 28.15). Diable, du grec 'diabolos', signifie: calomniateur (ou médisant), accusateur.
Jésus en a parlé comme étant un être personnel plutôt qu'une énergie anonyme. Il est
  • l'ennemi (de Dieu et des hommes) (Matthieu 13.39);
  • le menteur et père du mensonge en qui il n'y a ni vérité ni amour de la vérité (Jean 8.44);
  • le meurtrier dès le commencement (Jean 8.44);
  • le voleur qui tue et détruit (Jean 10.10);
  • le prince des démons (Matthieu 12.24).

Les apôtres de Jésus ont poursuivi ces mises en garde contre ce tentateur et séducteur.


Selon l'apôtre Jean, il est
  • l'ange de l'abîme, appelé Destructeur (Apocalypse 9.11);
  • le prince de ce monde (Jean 14.30).
L'apôtre Paul le qualifie
  • de celui qui se déguise en ange de lumière, servi par ses ministres (serviteurs consacrés), (2eCorinthiens 11.14) et
  • de dieu de ce siècle (ou de ce monde) qui aveugle l'esprit de plusieurs personnes afin qu'elles ne comprennent pas la grandeur de l'Evangile (2Corinthiens 4.4).
Il enseigne aussi qu'il existe une hiérarchie d'êtres célestes dominés par le diable. Ceux-ci s'opposent à la rédemption (salut, rachat de la perdition, rachat de la malédiction) des hommes et au règne de Dieu:
"Pour conclure: puisez votre force dans le Seigneur et dans sa grande puissance. Revêtez-vous de l'armure que Dieu vous donne afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n'avons pas à lutter contre des êtres de chair et de sang, mais contre les Puissances, contre les Autorités, contre les Pouvoirs de ce monde de ténèbres, et contre les esprits du mal dans le monde céleste" (Ephésiens 6.10-12; Trad. Bible du Semeur).
Ces moyens de protection ("l'armure que Dieu vous donne") sont à la fois:
  • pourvus gratuitement (la part de Dieu) et
  • à saisir ("Revêtez-vous[...]"; responsabilité de l'homme).


Les origines et la chute du diable



Il arrive parfois dans la Bible qu'un texte s'adressant à un être dépasse la seule situation de celui-ci pour s'adresser à un autre. C'est le cas notamment avec deux textes trouvés chez les prophètes Esaïe et Ezéchiel.

Dans une prophétie contre le roi de Babylone (un dominateur des nations de son temps), se dresse soudain Lucifer. Ce nom provenant de traductions latines signifie "Porteur de lumière". Isaïe (Esaïe) reçoit en vision cette parole contre le roi de Babylone:
Ta fierté a été précipitée dans le séjour des morts Avec le son de tes luths [...]
Quoi donc! tu es tombé du ciel, (Astre) brillant [ou Lucifer], fils de l'aurore!
Tu es abattu à terre,
Toi, le dompteur [ou vainqueur] des nations!
Tu disais en ton coeur: Je monterai au ciel,
j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, Je siégerai sur la montagne de la Rencontre (des dieux) [...]
Je monterai sur le sommet des nues,
Je serai semblable au Très-Haut"
(Esaïe 14.9-14, version Segond révisée, Société biblique française, ABU, 1978).
NOTE: Dans la Bible, les anges sont parfois symboliquement désignés par le terme «étoiles» (ex. Apocalypse 1.20). De même, une complainte d'Ezéchiel sur un roi de la ville de Tyr, dépasse soudainement son application historique pour désigner un être derrière lui. Il est dit au prophète:
"Fils d'homme,
Entonne une complainte sur le roi de Tyr!
Tu lui diras: ainsi parle le Seigneur, l'Eternel:
Tu mettais le sceau à la perfection,
Tu étais plein de sagesse, parfait en beauté.
Tu étais en Eden, le jardin de Dieu;
Tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses, [.
..] Tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, préparés pour le jour où tu fus créé.
Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées;
Je t'avais placé et tu étais sur la sainte montagne de Dieu;
Tu as été intègre dans tes voies,
Depuis le jour où tu fus créé
Jusqu'à celui où l'injustice a été trouvée chez toi.
Par l'importance de ton commerce
tu as été rempli de violence et tu as péché; Je t'exclus de la montagne de Dieu
Et je te fais disparaître, chérubin protecteur, du milieu des pierres ardentes.
Ton coeur est devenu arrogant à cause de ta beauté,
Tu as corrompu ta sagesse par ta splendeur;
Je te jette par terre,
Je te livre en spectacle aux rois.
Par la multitude de tes fautes,
Par l'injustice de ton commerce
tu as profané tes sanctuaires [ou ta sainteté] [...],
(Ezéchiel 28.11-18; version Segond révisée, trad. Société biblique française, ABU, 1978).
Des points communs se dégagent de ces deux passages:
  • Ils s'appliquent d'abord à un homme élevé en autorité, puis dépassent (sans l'annuler) le contexte purement historique. Nous sommes convaincus que cela va plus loin que la métaphore, pour les raisons suivantes:
  • Certains qualificatifs révèlent un être angélique derrière ces deux souverains terrestres. Aucun homme ne peut être décrit comme porteur de lumière (Lucifer, chez Esaïe) ou comme chérubin
  • protecteur aux ailes déployées (chez Ezéchiel). Aucun homme n'est tombé du ciel suite à un jugement de Dieu (Esaïe 14.12).
  • De la même façon, le roi de Tyr (ville côtière de la Méditéranée) ne fut jamais placé en Eden, ni sur la sainte montagne de Dieu (Ezéchiel 28.13). Dans les textes bibliques, ces lieux sont associés à la présence de Dieu lorsqu'il a voulu se révéler de façon visible pour demeurer avec les hommes.
  • de plus, le roi de Tyr n'avait pas une demeure sainte (sanctuaires; Ezéchiel 28.18), ni ne pouvait mettre le sceau à la perfection (Ezéchiel 28.12).
  • Ni l'un, ni l'autre de ces dominateurs terrestres ne furent créés au sens propre, comme le furent les êtres angéliques. Ces rois furent en réalité procréés (de descendance humaine);
  • La tournure des textes suggère que le succès temporel de ces rois fut d'une façon quelconque relié à certaines séductions spirituelles. Par exemple, dans la partie où le livre de l'Apocalypse annonce ce qui vient (le futur), la ville de Babylone (qui ne fut pourtant jamais reconstruite physiquement) est devenue un symbole de la ruine future des religions ou nations rendant un culte à des divinités (objets, animaux ou êtres mythiques). Car, au-delà de l'abondance de dieux, selon la Bible, se cachent des esprits séducteurs qui recherchent activement l'adoration.
"Elles est tombée, elle est tombée, la grande Babylone. Et elle est devenue un antre de démons, repère de tout esprit impur[...]" (Apocalypse 18.2).
Cela cadre bien avec cette affirmation de l'apôtre Paul, selon la révélation qu'il a reçue:
"Que dis-je donc? Que la viande sacrifiée aux idoles est quelque chose? (nullement). Mais ce qu'on sacrifie, on le sacrifie à des démons et non à Dieu [...] Vous ne pouvez avoir part à la table du Seigneur et à la coupe des démons" (1Corinthiens 10.20-21, version Segond révisée, Société biblique française, ABU, 1978).
Et ailleurs:
"Ils se sont égarés dans des raisonnements absurdes et leur pensée dépourvue d'intelligence s'est trouvée obscurcie. Ils se prétendent intelligents, mais ils sont devenus fous. Ainsi, au lieu d'adorer le Dieu immortel et glorieux, ils adorent des idoles, images d'hommes mortels, d'oiseaux, de quadrupèdes ou de reptiles [...] ils ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur[...]" (Romains 1.21-22, trad. Bible du Semeur).

Les écrits trouvés en Esaïe et Ezéchiel nous apprennent encore, quant à eux, les choses suivantes sur Satan:

  • Il a été à l'origine un modèle de perfection et de sainteté (mettre le sceau à la perfection, avoir ses sanctuaires);
  • Il avait une sagesse et une beauté insurpassées;
  • Il était pour un temps dans la présence directe de Dieu (ce qu'indiquent les termes "Eden" et "sainte montagne");
  • Il était très élévé en dignité et puissance (couvert de pierres précieuses, chérubin protecteur, porteur de lumière, sceau à la perfection);
  • Il était un chérubin. Ces anges décrits dans la Bible sont des êtres puissants en force et en gloire, probablement les plus près de Dieu;
  • Satan est aussi un être dont la nature est en partie musicale. Les références chez les prophètes Esaïe (14.11; le son de tes luths) et Ezéchiel (28.13; tes tambourins et tes flûtes) touchent à la fois aux instruments à cordes, à percussion et à vent. Il est logique de penser qu'il se sert encore de cette essence musicale pour séduire;
  • Sa proximité de Dieu et sa perfection ont été les causes premières de son orgueil, sa fierté l'ayant ensuite conduit à vouloir égaler ou supplanter Dieu.
  • Son châtiment a déjà commencé mais certains aspects de celui-ci sont encore à venir.


Les anges de Satan



Comme il a été mentionné très brièvement, le diable n'est pas seul dans sa rébellion. On le voit accompagné d'autres créatures spirituelles déchues de leur position. Celles-ci sont:
  • selon l'apôtre Pierre: "les anges qui ont péché" (2e Pierre 2.4a);
  • selon l'apôtre Jude: "les anges qui n'ont pas gardé la dignité de leur rang, mais qui ont quitté leur propre demeure" (Jude, verset 6a);
  • selon l'apôtre Jean: les anges du grand dragon. C'est-à-dire: les anges du diable (Apocalypse 12.9).
Les anges de ce "grand dragon", selon une vision symbolique associée au diable et à son rôle derrière l'antichrist (antechrist), sont en nombre très élevé (Apocalypse 12.3, 4, 7, 9).
Il semble qu'une bonne partie d'entre eux aient encore accès dans la présence de Dieu où ils accusent et calomnient les croyants. Dieu permet même qu'ils accomplissent certains jugements (ex. séduction politique, spirituelle ou autre) contre ceux qui refusent de chercher Dieu et la vérité (2e Thessaloniciens 2.1-12).

Le nombre de ces anges révoltés s'élèverait au tiers des créatures angéliques. Sinon, c'est le nombre d'une faction de ces créatures qui ont encore la permission d'avoir accès devant Dieu pour un temps:
"Un autre signe parut dans le ciel et voici un grand dragon rouge feu [...] Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel et les jetaient sur la terre [...] Il y eut une guerre dans le ciel [...] Le dragon combattit, lui et ses anges [...] il fut précipité, le grand dragon [...], le serpent ancien appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre habitée; il fut précipité sur la terre et ses anges furent précipités avec lui [...] il a été précipité l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit" (Apocalypse 12. 3, 7-10).
Cela indiquerait qu'au moins le tiers des anges appartiennent au diable parce qu'ils se sont soumis à lui. Or, les anges restés fidèles sont eux-mêmes innombrables (Daniel 7.10; Apocalypse 5.11). Ce texte nous montre aussi que les anges déchus qui n'ont ni vérité, ni compassion et ne se soumettent à aucune règle (sinon par les limites que Dieu leur impose), sont les premiers à accuser et calomnier les hommes, particulièrement les croyants.

Prétentions du diable et de ses anges


Paradoxalement, alors que le diable et ses anges remettent en cause le droit de Dieu et du Christ (Messie) à régner sur l'univers, en même temps ils désirent y instaurer et maintenir leur propre domination. Cela démontre que leur intention n'est pas ce qu'elle prétend être; un souci de démocratie (rejet de la théocratie). Jésus a souligné en ce sens que les gens qui le rejetaient recevraient un jour l'Antichrist. Selon les prophéties bibliques et les types qui l'ont précédé, il sera un conquérant et un dictateur des nations qui (comme dans l'empire Romain) poussera ceux qui lui feront ombrage dans son ascension. Déjà, mondialisation aidant, germe l'idée de donner le pouvoir mondial à une super entité politique qui réussira à instaurer la paix, résoudre les problèmes monétaires, réaliser un consensus religieux mondial imposé (la grande prostituée décrite dans l'Apocalypse...):
"Je constate une chose: vous n'avez pas d'amour pour Dieu. Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas. Si un autre vient en son propre nom vous le recevrez" (Jean 5.42-43; trad. Bible du Semeur).
Cela résume bien l'intention du diable et de ses anges de maintenir une autorité égoiste sur le présent monde. Si Dieu ne les restreignait pas en leur fixant des limites, il est probable qu'ils conduiraient les hommes à détruire le monde afin que nul ne puisse aimer et servir Dieu.

Satan, imitateur de Dieu


Dieu a envoyé Christ (Dieu le Fils) pour sauver et délivrer. Celui-ci avait son prophète, Jean-Baptiste (en plus des prophètes des Écritures l'ayant précédé). Et il servait un chef spirituel (le Père). Il reçut l'adoration des siens, sans la demander.
En imitation, Satan enverra son anti-Messie (Antichrist) sous les traits d'un bienfaiteur mondial (politique, économique, spirituel). Celui-ci aura aussi son dieu (le Diable) et son prophète. Il prétendra avoir la nature divine (être Dieu ou dieu) et cherchera bientôt l'adoration des hommes, utilisant la force lorsque cela s'avérera nécessaire. Des démons (classe d'êtres spirituels déchus) opéreront des signes miraculeux à travers cette triple association (Satan-Antichrist-faux prophète) résumée en Apocalypse 16.13-14. On tentera de démontrer qu'il est le Christ.
Billy Graham, l'évangéliste de renommée mondiale, a bien résumé cette portion de l'histoire humaine à venir, déjà annoncée entre autres, dans le livre du prophète Daniel et par l'apôtre Jean dans son Apocalypse:
"Sur les épaves de l'incrédulité et du doute, Satan édifiera son chef d'oeuvre: l'Antichrist. Il créera une religion sans rédempteur. Il construira une Eglise sans Christ. Il établira un culte sans la Parole de Dieu" (La paix avec Dieu, p.68).


Selon les écrits prophétiques bibliques, le diable, ses anges et ses disciples ont une fin connue d'avance


Heureusement, la Bible annonce déjà le châtiment de la fin (destiné au diable, à ses anges et à ceux qui ne cherchent pas Dieu tel qu'il se révèle dans sa création et dans sa parole), (Apocalypse 20.10,14).